Si vous demandez à un graphiste professionnel quel est le meilleur choix pour une tablette graphique, il y a de grandes chances que sa réponse cite la marque Wacom. C’est la marque indétrônable depuis des dizaines d’années, avec des produits de grande qualité, à des prix allant du basique abordable au modèle pro, positionné assez cher. Les tentatives d’autres marques de s’aventurer sur ce segment se sont longtemps soldées par des échecs, avec des modèles moins chers mais clairement en retrait sur la qualité. Il se peut que cette période de grâce pour Wacom touche à sa fin avec l’arrivée de Huion, une marque chinoise bien décidée à défier le tenant du titre !

Alors, la tablette Huion Inspiroy Dial est-elle une bonne affaire ? Réponse dans la vidéo ci-dessous !

Autant briser le suspense tout de suite : avec l’Inspiroy Dial, Huion propose une tablette d’excellente qualité. Le charme opère dès la découverte de l’emballage, offrant au regard des effets de vernis noir sur noir du plus bel effet. L’élégant liserai bleu sur la tranche du carton donne le ton sur le positionnement premium de la tablette.

A l’intérieur du packaging, on trouve :

  • Un petit message sympa de la part d’Huion avec sa mascotte
  • La tablette graphique qui impressionne d’emblée par son design
  • Une pochette avec le manuel et les instructions d’installation
  • Le stylet sans piles avec deux boutons
  • Le dongle de connexion sans fil
  • Le socle du stylet qui renferme 10 pointes de rechange
  • Un câble USB C pour la recharge et l’utilisation filaire
  • Deux adaptateurs USB C et micro USB pour la connexion Android

D’emblée, l’Inspiroy Dial est un plaisir à regarder. Avec un plastique de haute qualité très doux au toucher, la tablette offre des lignes harmonieuses, avec de beaux arrondis et une épaisseur 8 mm. Le contrôleur rotatif en métal attire évidemment le regard, tout comme les bouton de fonctions assignables sur la gauche. A l’arrière, 4 patins en caoutchouc offrent une bonne adhérence.

Dès l’installation sur l’espace de travail, l’Inspiroy Dial tire encore une fois profit de son design soigné et s’intègre fièrement à n’importe quel setup.

Son câble de chargement USB-C permet de recharger sa batterie interne en moins de 3 heures. Les leds des boutons de fonction servent à afficher le niveau de charge. Bon point, la tablette est chargée à 50% dès le déballage et permet d’être utilisée sans fil sans attendre. Côté autonomie, la batterie de 1100 mAh offre 20 heures d’autonomie en utilisation continue et 6 mois en mode veille. On branche le dongle, on installe le pilote et la tablette est prête à être utilisée en mode sans fil !

La surface utile de la tablette s’étend sur 26,6 cm de large et 15,2 cm de haut, soit un peu moins grand qu’une feuille de papier A4. Le revêtement en plastique ABS mat est doux, et permet une glisse naturelle et sans entrave.

Côté stylet, celui-ci offre de grandes nuances de sensibilité à la pression avec une résolution de 8192 niveaux de pression. La précision de la tablette atteint 5080 lignes par pouce, et la fréquence de données transmises par secondes est de 266 RPS. Ces chiffres fournis par Huion cherchent à convaincre que nos mouvements de dessin seront reconnus avec fluidité et précision, et force est de constater que le pari est tenu. Que l’on soit habitué ou non aux tablettes graphiques, le tracé est agréable et on oublie très vite le support pour se consacrer aux dessins à réaliser.

Quant à la fameuse molette, elle se révèle très pratique pour zoomer ou changer de taille de pinceau. On se prend très vite au jeu pour l’associer au workflow car son ergonomie est des plus agréables.

Les touches de fonction ne sont pas en reste pour appeler les fonctions les plus utilisées comme l’annulation, la sauvegarde ou la gomme, mais selon moi leur utilisation est un peu moins naturelle que la molette, car comme y a 8 boutons, il faut regarder la tablette pour viser le bon.

Pour paramétrer l’ensemble de la tablette, le pilote offre un panneau de configuration simple, qui propose l’essentiel en toute simplicité.

On trouve ainsi :

  • l’assignation de la molette et des boutons de fonctions, ce qui permet d’appeler des raccourcis souris ou clavier
  • les réglages du stylet, pour assigner les fonctions sur ses deux boutons et régler la courbe de réponse à la pression
  • le réglage de translation entre la surface de la tablette et celle de l’écran, ce qui permet des réglages de proportion assez fins entre les deux.

Pour moi qui suis habitué des modèles Wacom depuis presque 20 ans, j’ai tout de suite trouvé mes marques. Mieux, j’ai tout de suite senti le confort des 8192 niveaux de sensibilité à la pression, là où les Wacom d’entrée de gamme n’en offraient que 1024. Je n’ai pas eu à modifier longtemps les paramètres de la tablette pour trouver les réglages qui me convenaient, pour un tracé naturel et fluide. Grâce à la molette et aux boutons de fonction, on finit par ne presque plus utiliser le clavier de l’ordinateur, et le sentiment d’immersion est vraiment agréable.

Testée sur mon smarphone Android grâce à l’adaptateur OTG fourni, la tablette est reconnue comme un dispositif clavier-souris. Dans ce mode, seule la partie gauche de la tablette est active, pour correspondre au format de l’écran du téléphone. L’application gratuite Huion Sketch permet de tester le dessin sur smarphone. C’est fluide et sans aucune latence, ce qui est remarquable pour une connexion sans fil, mais l’app est à un stade de développement encore trop jeune pour permettre d’être réellement productif. A suivre au fil les futures mises à jour.

La tablette Huion est-elle un produit réussi ? Incontestablement oui. Son design, sa finition et ses fonctionnalités jouent en sa faveur. Mais c’est avant tout son prix qui finit de convaincre : à moins de 100 €, c’est tout simplement un coup de maître pour Huion. A titre de comparaison, le modèle Wacom Intuos Pro Medium qui s’en rapproche le plus, coûte 3 fois plus cher. Je connais plus d’un graphiste qui envisagera sérieusement un modèle Huion pour son prochain achat !

A Propos de l'auteur

William Lamy

Graphiste, musicien, et surtout mordu de nouvelles technologies !

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